
Une mélodie mystérieuse se mêlait au vent. Celui-ci la faisait siffler et la faisait voyager dans les airs à travers un monde mélancolique.
Cette musique ne provenait pas d’un instrument, pourtant on aurait cru que c’était un piano déchainé qui déchiffrer ses notes graves.
Une voix douce et innocente l’accompagnait ; elle semblait paisible et magique pourtant quelque chose lui avait fait perdre son talent d’enchanteur. S’assombrissant, celle-ci se perdait dans cet air funèbre qui n’était que le cantabile d’un ange malheureux.
Le petit être afflige s’asseyait près d’un liège asséché et criait aux cieux sa peine. Non seulement celle-ci lui eut arrache le cœur, mais elle se contenta de lui extirper amèrement ses ailes.
Il ne pouvait plus s’envoler. Mordu par la honte et le désespoir, il voulu achever sa vie. Rien qu’à observer son âme putride se dissiper, le pauvre petit ange sans ailes voulu s’arrêter la. Il était beaucoup trop paresseux pour se relever et reprendre de l’avant. Il baissa les bras trop tôt et faillit se noyer dans la profondeur de ses tourments que lorsque…
Une petite lumière magique éclaira l’endroit envahi par les ombres.
Le petit ange essuya sa larme chaude et s’approcha à petits pas de la chose mystérieuse.
Il tendit sa main moite et hésitante ; son doigt timide toucha l’étrange lumière qui explosa.
Il sursauta de peur et fit un bond en arrière. Ses yeux s’écarquillèrent et il put apercevoir quelque chose de magnifique qui explosait de couleur et qui éparpillait son arome enivrant dans les airs.
« Wahh…, bailla l’être merveilleux, comme ca fait du bien de se réveiller ! C’est déjà le printemps ? »
L’ange le scruta des yeux et ne trouvait aucune réponse a sa question. Pourtant il souffla timidement :
« Qui… qui êtes vous ? »
La fleur le fixa avec un grand désarroi :
« Tu ne me connais pas ?! Je suis la fleur qui annonce le printemps ! »
« La fleur ? Printemps ? Mais de quel monde venez-vous ?, demanda l’ange hébété.
La fleur étonnée reprit :
« -Je viens de ton monde voyons ! Pourtant toi, tu m’as l’air d’être tombe d’un autre monde.
-Je ne comprends pas ce que vous dites…d’où venez-vous ?
-Drôle de question ; on ne me l’a encore jamais pose ! Avant de répondre à ta question, toi dis-moi d’où tu viens.
-Je… je viens du plus haut des cieux. Je ne peux pas retourner chez moi car je me suis brisées les ailes : J’ai heurte une roche lors d’un ouragan et je suis complètement paralyse à présent ! , dit l’ange en sanglot.
-Cesse de pleurer, petit ange, tu n’as rien perdu alors ne t’en fait pas pour autant. As-tu oublié de prendre ton remède ?
-Mon remède ? Mais quel remède ?! Je suis complètement anéanti, rien ne pourra me guérir de ce malheur !
-Pauvre ange… tu es donc si aveugle que ca ?
-Je ne vois pas de quoi vous parlez ? Et vous ne m’avez toujours pas dit qui vous étiez.
-Je suis une simple fleur qui est chargée d’annoncer l’arrivée du printemps. Autrefois, je n’étais encore qu’une toute petite graine. Les couleurs de l’arc-en-ciel, les rires des enfants, ainsi que la joie du printemps m’arrosèrent et m’ont fait grandir dans cet endroit enchante qui fut enseveli par ton chagrin. En automne je dépéris, moisis et enfin meurt. La chaleur s’évapore et fait place au froid qui dominera les lieux. La nature ne meurt pas, elle dort. L’espoir la réveillera au printemps. Ne te laisse pas abattre petit ange. C’est le printemps, on fait la fête ! Sois heureux et accroche- toi a l’espoir, car c’est le seul remède de toute blessure. Regarde autour de toi, admire ces couleurs, cette nature vivante dont l’image peut rester encrée dans ton esprit et dis-moi : As-tu sincèrement envie de quitter ce monde et de ne plus jamais gouter a ce délicieux moment que le printemps t’accorde ? »
Le petit ange qui leva la tête, dévorait des yeux ce tableau printanier qui n’était qu’un malheureux et terrifiant cimetière lorsqu’il pleurait encore.
« -Je ne savais pas qu’une telle beauté pouvait exister !, s’émerveilla l’ange aux ailes tout un coup guéries.
-Le printemps a toujours existe, petit ange… C’est lorsque l’esprit est aveugle que la beauté d’une chose nous échappe. »
-Darkangel-